• 10 avril 2026

  • Custy

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L’impact de la LCB-FT sur les courtiers : obligations et solutions logicielles

La lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (LCB-FT) concerne aussi les courtiers en assurance. En effet, la réglementation vous impose plusieurs obligations, notamment en matière de connaissance client, d’analyse des risques et de signalement des opérations suspectes.

LCB-FT courtier assurance

Ces règles font désormais partie du quotidien des cabinets de courtage. Elles demandent de la rigueur et une bonne organisation. Zoom sur l’impact de la LCB-FT pour les courtiers, leurs principales obligations et les outils qui peuvent vous aider à les appliquer plus facilement.

Pourquoi les courtiers sont-ils concernés par la LCB-FT ?

La LCB-FT (ou lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme) est un dispositif instauré pour empêcher l’argent issu d’activités illégales d’entrer dans l’économie.

À travers la LCB-FT, les autorités demandent à certains professionnels (dont les courtiers en assurance) de rester vigilants. 

Bon à savoir : Les intermédiaires d’assurance figurent parmi les personnes soumises aux obligations de lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme dans l’article L.561-2 du Code monétaire et financier.

Et pour cause, les courtiers occupent une place importante dans la distribution de produits financiers et d’assurance. Ils entrent en relation avec les clients. Ils recueillent des informations sur leur situation. Ils peuvent aussi intervenir dans des opérations financières.

Cette position les expose à certains risques. Une personne mal intentionnée peut ainsi tenter d’utiliser un contrat ou une opération pour faire circuler de l’argent d’origine douteuse.

Le rôle du courtier consiste donc à agir comme première ligne de contrôle. Il doit : 

  • vérifier l’identité de ses clients ;
  • comprendre la nature des opérations ;
  • signaler toute situation suspecte aux autorités compétentes.
Bon à savoir : La LCB-FT ne transforme pas les courtiers en enquêteurs. Elle leur impose surtout de connaître leurs clients et de rester attentifs aux opérations inhabituelles.

Les principales obligations LCB-FT des courtiers

La connaissance du client (obligation de vigilance)

La première obligation LCB-FT pour les courtiers concerne la connaissance du client. L’on parle souvent de vigilance ou de KYC (Know Your Customer). Concrètement, le courtier doit savoir avec qui il travaille dès le début de la relation commerciale en  : 

  • identifiant son client ;
  • vérifiant son identité à l’aide d’un document officiel ;
  • et, lorsque c’est nécessaire, identifiant le bénéficiaire effectif.

Selon le Code monétaire et financier, l’obligation de vigilance ne se limite pas à vérifier l’identité du client. Le courtier doit aussi comprendre la nature de la relation avec lui. En effet, vous devez, notamment, vérifier pourquoi le client souscrit un contrat et vous assurer que les opérations correspondent à son profil.

L’objectif est d’éviter qu’un contrat d’assurance ou une opération financière serve à faire circuler de l’argent d’origine illégale.

L’analyse des risques

Dans le cadre de la LCB-FT, les courtiers doivent aussi évaluer les risques de blanchiment de capitaux ou de financement du terrorisme liés à leurs clients et aux opérations réalisées.

La réglementation impose aux professionnels concernés de mettre en place une classification des risques. Autrement dit, le courtier doit analyser certains éléments avant ou pendant la relation avec un client.

Par exemple :

  • le profil du client ;
  • le type de contrat souscrit ;
  • le montant ou la nature des opérations ;
  • le pays d’origine ou de destination des fonds.

Ces informations vous permettront d’évaluer si une situation présente un risque particulier de blanchiment ou de financement du terrorisme.

Si le risque apparaît faible, les contrôles restent standards. En revanche, si certains éléments semblent inhabituels, vous devez renforcer votre vigilance et effectuer des vérifications supplémentaires.

La surveillance des opérations

L’obligation de vigilance ne s’arrête pas après l’identification du client ou l’analyse des risques. Elle continue pendant toute la durée de la relation avec le client.

En tant que courtier, cela signifie que vous devez rester attentif aux opérations réalisées, soit vérifier qu’elles restent cohérentes avec les informations que vous possédez sur votre client.

Cette surveillance permet de repérer certaines situations inhabituelles. Par exemple :

  • une opération d’un montant anormalement élevé ;
  • une transaction sans justification claire ;
  • une opération qui ne correspond pas au profil du client.

Lorsque ce type de situation apparaît, vous serez à même de procéder à un examen renforcé. Il s’agit d’analyser plus en détail l’opération afin de comprendre son origine et sa finalité.

Si les explications ne sont pas satisfaisantes ou si un doute subsiste, vous pourrez être amené à signaler la situation aux autorités compétentes.

La déclaration de soupçon à Tracfin

Lorsqu’un courtier détecte une opération qui lui paraît suspecte, il doit la signaler. C’est ce que l’on appelle réaliser une déclaration de soupçon.

Cette obligation est prévue par l’Article L.561-15 du Code monétaire et financier.

Concrètement, le courtier doit transmettre une déclaration à Tracfin, le service de renseignement chargé de lutter contre les circuits financiers clandestins.

Cette déclaration concerne les situations dans lesquelles le professionnel sait, soupçonne ou a de bonnes raisons de soupçonner que des fonds :

  • proviennent d’une infraction ;
  • pourraient être liés au financement du terrorisme.

La déclaration doit être réalisée sans délai dès que le doute apparaît.

Un point important : cette démarche reste strictement confidentielle. Vous ne devez pas informer votre client qu’une déclaration a été transmise. Cette règle permet de protéger les enquêtes et d’éviter qu’une personne impliquée dans une activité illégale ne prenne des mesures pour dissimuler les fonds.

LCB-FT : quels challenges pour les courtiers ? 

Toutes les règles imposées par le LCB-FT demandent du temps et de l’organisation. Il faut : 

  • vérifier l’identité des clients ;
  • analyser les situations à risque ;
  • constamment surveiller les opérations.

Autant de tâches qui s’ajoutent à votre activité principale (le conseil et la distribution de contrats d’assurance).

La réglementation exige également un suivi continu des clients. Le courtier ne peut pas se contenter de vérifier les informations une seule fois. Il doit rester attentif pendant toute la relation commerciale et s’assurer que les opérations restent cohérentes avec le profil du client.

Autre difficulté : la gestion des informations. Les courtiers doivent collecter, conserver et analyser de nombreuses données. Ces informations doivent rester accessibles en cas de contrôle des autorités.

Enfin, les professionnels doivent aussi former leurs équipes et mettre en place des procédures internes adaptées. L’objectif est de s’assurer que chacun sait identifier une situation à risque et appliquer les règles prévues par la réglementation.

Le rôle des solutions logicielles dans la conformité LCB-FT

Respecter les règles LCB-FT demande de la rigueur. C’est pour cette raison que de nombreux cabinets utilisent aujourd’hui des logiciels métiers dédiés au courtage. Ces outils permettent :

  • de centraliser les informations clients ;
  • d’organiser les dossiers ;
  • de garder une trace des vérifications effectuées.

Concrètement, un logiciel peut vous aider à :

  • regrouper les informations et documents liés aux clients ;
  • suivre les différentes étapes de la relation commerciale ;
  • conserver l’historique des contrôles réalisés ;
  • rester conforme à la réglementation.

Cette organisation facilite le respect des obligations prévues par la réglementation LCB-FT.

Certaines solutions ont été conçues spécialement pour les professionnels de l’assurance. C’est, notamment, le cas de Custy Adhoc. Notre plateforme digitale est spécifiquement destinée aux courtiers. Elle vous permet de piloter votre activité depuis un seul espace et d’organiser les procédures internes du cabinet.

Le logiciel facilite l’organisation du cabinet et la gestion des procédures internes. Les courtiers peuvent ainsi structurer leurs processus de travail, suivre leurs dossiers et conserver une trace des différentes actions réalisées.

Découvrir Custy Adhoc

Bon à savoir : Attention, un outil digital ne remplace pas la vigilance du courtier. En revanche, il peut faciliter le travail au quotidien et aider les courtiers à respecter plus facilement leurs obligations réglementaires.

L’impact de la LCB-FT sur les courtiers : tout ce que vous devez savoir 

Les courtiers en assurance peuvent-ils être contrôlés sur leurs obligations LCB-FT ?

Oui. Les courtiers font partie des professionnels soumis aux règles de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme. À ce titre, ils peuvent faire l’objet de contrôles par les autorités compétentes. Ces contrôles permettent de vérifier que les procédures internes existent bien et que les obligations de vigilance sont correctement appliquées.

Quelles sont les sanctions en cas de non-respect des obligations LCB-FT ?

Le non-respect des obligations peut entraîner différentes sanctions. Selon la gravité de la situation, les autorités peuvent prononcer un avertissement, une sanction financière ou des mesures disciplinaires. Dans certains cas, la responsabilité du professionnel peut également être engagée si des manquements importants sont constatés.

Les petites structures de courtage sont-elles aussi concernées par la LCB-FT ?

Oui. Les obligations LCB-FT ne concernent pas uniquement les grands acteurs du secteur financier. Les cabinets de courtage, même de petite taille, doivent respecter les règles prévues par la réglementation. La taille de la structure peut influencer l’organisation interne, mais pas l’obligation de vigilance.

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